Des expositions dans la bibliothèque

Des expositions dans la bibliothèque : décodage et médiations

Cette synthèse de quatre études menées sur des expositions organisées dans les espaces de lecture de la Bpi visait à évaluer l’impact de ces manifestations et la contribution qu’elles sont susceptibles d’apporter aux objectifs du projet d’établissement : en termes de diversification des publics (quels types de publics les ont visitées ?), de diversification des pratiques (les usagers de la Bpi se sont-ils saisi de cette offre nouvelle ?) et d’évolution de l’image de la bibliothèque (du lieu de travail au lieu de loisir culturel).
Les résultats montrent que la thématique de l’exposition détermine très largement le public cible. Les quatre expositions ont en conséquence attiré des publics très différents, quantitativement (plus ou moins nombreux) et qualitativement (professionnels, amateurs, simples curieux…)
Visuel exposition
©Bpi/Vinciane Verguethen

Trois types de visites ont été identifiés : la visite comme projet, la visite d’opportunité, la visite d’occasion.
À chacune correspondent des motivations, des temporalités différentes et des façons distinctes de percevoir les expositions.
A chacune correspond également un mode d’accroche spécifique : pour surmonter les obstacles qui s’opposent à la visite (absence d’intérêt pour la thématique ; sentiment d’incompétence ; économie du temps…), les visiteurs doivent trouver une prise, ce qui se réalise de manière différente selon le type de visite.

L’étude met au jour des processus d’appropriation de ces manifestations via des simplifications, des identifications, des reconstructions, permettant de produire un sens qui s’ancre dans un monde vécu. Les expositions sont effectivement perçues par les visiteurs comme des lieux de production de sens. Ce sont des médias porteurs de messages que les publics cherchent à déchiffrer, ce qui nécessite un travail de décodage parfois complexe.

 

En un clin d'oeil

Objectif de l’étude
  • Évaluer l’impact et la contribution aux objectifs du projet d’établissement des expositions organisées dans les espaces de lecture de la Bpi : en termes de diversification des publics (Quels types de publics les ont visités ?), de diversification des pratiques (les usagers de la Bpi se sont-ils saisis de cette offre nouvelle ?), et d’évolution de l’image de la bibliothèque (du lieu de travail au lieu de loisir culturel).
Méthodologie
  • Enquête par observations et entretiens semi-directifs
  • Terrains. Quatre expositions, autant de dispositifs différents : Archipel (dispositif interactif d’écoute et de découverte de musiques contemporaines) ; Presse-citron (exposition de reproductions de dessins de presse) ; Éditeurs, les lois du métier (exposition thématique, présentant des originaux sous vitrine et un rédactionnel important) ; Spiegelman (exposition monographique essentiellement composée d’œuvres originales de l’auteur de Maus)
Principaux résultats
  • Publics. La thématique de l’exposition détermine très largement le public cible (résultat déjà observé dans l’enquête sur les manifestations orales). Les quatre expositions ont en conséquence attiré des publics très différents, quantitativement (plus ou moins nombreux) et qualitativement (professionnels pour Éditeurs, amateurs de BD pour Spiegelman, simples curieux…)
  • Trois types de visites ont été identifiés : la visite comme projet, la visite d’opportunité, la visite d’occasion. À chacune correspondent des motivations, des temporalités différentes et des façons distinctes de percevoir les expositions :
    1. la visite projet est le fait de visiteurs qui ont effectué le déplacement à la bibliothèque dans le but de voir l’exposition ;
    2. la visite d’opportunité a lieu dans le cadre d’un billet groupé donnant accès aux grandes expositions du Centre et aux expositions de la Bpi ;
    3. la visite d’occasion est pratiquée par des habitués de la bibliothèque, le plus souvent venus dans un but studieux et qui se laissent happer par l’exposition, par exemple lors d’une pause.
  • Venir à l’exposition. Pour qu’il y ait attraction, il faut une promesse de satisfaction, une accroche permettant de surmonter les obstacles qui s’opposent à la visite (absence d’intérêt pour la thématique ; sentiment d’incompétence ; économie du temps…). Il faut voir et trouver une prise, ce qui se réalise de manière différente selon le type de visite. Dans les visites de type A, la motivation facilite la prise ; la principale difficulté pour ces visiteurs est d’identifier l’exposition au sein des espaces de la Bpi, dans la mesure où ni le lieu (une bibliothèque), ni le dispositif (des cimaises ou de simples tables réparties dans les espaces de lecture) ne correspondent à leur représentation de ce type de manifestation. Pour les usagers habitués de la Bpi, au contraire, c’est l’accroche qui pose problème : il faut qu’elle soit immédiate pour les pousser à entrer et à s’attarder dans l’exposition, alors qu’ils avaient prévu de faire tout autre chose à la bibliothèque.
  • En tirer un bénéfice. L’étude met au jour des processus d’appropriation de ces manifestations via des simplifications, des identifications, des reconstructions, permettant de produire un sens qui s’ancre dans un monde vécu. Les expositions sont effectivement perçues par les visiteurs comme des lieux de production de sens. Ce sont des médias porteurs de messages que les publics cherchent à déchiffrer, ce qui nécessite un travail de décodage parfois complexe.
  • Médiations. Dans ce processus, la visite guidée représente une médiation particulièrement utile en fournissant des clefs de lecture. La visite guidée permet au visiteur tout à la fois de s’ouvrir à l’inconnu et de trouver des prises nouvelles. Les attentes à l’égard de ces médiations sont cependant diverses. Certains visiteurs apprécient d’être entièrement « pris en main » par le conférencier, tandis que d’autres souhaitent seulement être orientés et recevoir des informations leur permettant de « prendre la main » et de visiter l’exposition individuellement, à leur rythme.
  • Une image positive. La légitimité de la Bpi en tant qu’organisateur de manifestations culturelles est le plus souvent reconnue, voire affirmée avec force par les personnes enquêtées. Les visiteurs extérieurs, familiers du Centre Pompidou, expriment parfois une certaine surprise tandis que certains habitués de la bibliothèque contestent cette innovation, qui bouscule leurs habitudes. La plupart des personnes interrogées, cependant, estiment que la bibliothèque est dans son rôle en offrant l’opportunité de combiner études, travail et loisir culturel. Les expositions bénéficient de l’image démocratique de la bibliothèque et la renforcent. Elles sont gratuites, accessibles à tous comme l’ensemble de ses collections et de ses services, qualités qui ont été soulignées par les enquêtés et sur lesquelles il serait peut-être opportun de communiquer.
 

Liens

  • Pour accéder à l'étude dans son intégralité, cliquez ici
Captcha: