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Le New Deal et le théâtre

Créé sous les auspices de la Works Progress Administration (WPA), le Federal Theatre Project représente l'effort le plus ambitieux du gouvernement pour produire des spectacles théâtraux à travers tout le pays. D'innombrables artistes émergent grâce au Federal Theatre Project avant de devenir célèbres après la guerre.
portrait photographique
Hallie Flanagan, Library of Congress [Public Domain]

La politique sociale et culturelle engagée par le président Roosevelt pour aider le théâtre va se révéler d'une très grande envergure. L'objectif est de donner du travail aux professionnels du théâtre au chômage. Dirigé par la dramaturge et administratrice Hallie Flanagan, le projet emploie 12 700 professionnels. Les artistes ont la liberté de créer des œuvres controversées ou expérimentales qui ne pourraient être produites dans le circuit commercial.

Le Théâtre Fédéral crée également des compagnies itinérantes s'adressant au jeune public, enseignant les techniques théâtrales, et produisant des comédies musicales populaires. 
[Voodoo Macbeth Poster WPA Federal Theater Project] Ces compagnies parcourent le pays apportant le théâtre dans les régions les plus isolées. On estime que près de 25 millions d'Américains ont pu voir des pièces du Théâtre Fédéral entre 1935 et 1939. 

Parmi des dizaines d'artistes lancés par le New Deal, de futurs réalisateurs comme John HustonNicholas RayJoseph Losey et surtout Orson Welles, ont fait leurs débuts dans le cadre du théâtre subventionné. Mais dès 1938, ce projet suscite de nombreuses controverses. Les conservateurs accusent les productions de véhiculer l'idéologie communiste et de porter atteinte à la sécurité de la nation. 
En 1939, le Congrès vote l'arrêt du financement du projet et se termine ainsi ce qui fut une des périodes les plus dynamiques du théâtre américain.

Orson Welles

portrait photographie d'Orson Welles
Orson Welles, photographed by Carl Van Vechten, March 1, 1937 [Domaine public]


Après avoir travaillé comme metteur en scène et acteur en Irlande, Orson Welles s’est forgé une solide réputation dans le milieu du théâtre. Il travaille avec le producteur John Houseman dans le cadre du Théâtre Fédéral. Passionné par l’œœvre de Shakespeare, il monte en 1936 une adaptation originale de Macbeth où l’action est transposée aux Caraïbes et interprétée par des acteurs noirs. En 1937, il met en scène une comédie musicale, The Cradle Will Rock, satire de la vie politique américaine qui provoque le scandale. Le spectacle est interdit à la demande de nombreux opposants politiques. Il démissionne du Théâtre Fédéral et fonde le Mercury Theatre. Après le triomphe de son adaptation radiophonique de La Guerre des mondes de H.G. Wells, il arrive à Hollywood en 1939 et obtient toute la liberté de création à la RKO. Tous les  acteurs du Mercury Theatre participent à sa première production, Citizen Kane (1941) inspiré de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst.

 
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Orson Welles
Alain Bergala, Jean Narboni et Claudine Paquot, Cahiers du Cinéma, 1986
Cet ouvrage se présente à la fois comme un recueil d’entretiens avec Orson Welles sur son travail et comme une étude critique de son œuvre. Il s’ouvre sur un texte bio-filmographique de François Truffaut qui mêle la vie et l’œuvre pour mieux mesurer la place occupée par Orson Welles dans l’histoire du cinéma.
A la Bpi, niveau 3, 791.6 WELL 2
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The Cradle Will Rock

Tim Robbins, 1999
Avec Broadway, 39e rue, le réalisateur Tim Robbins adapte l'histoire d'Orson Welles. Dans l’Amérique des années 30, le jeune Orson Welles se débat pour essayer de monter une comédie musicale très controversée sur un fait social.

Nicholas Ray

Né en 1911 dans le Wisconsin, Nicholas Ray se passionne très jeune pour la musique et le théâtre puis pour l'architecture après avoir suivi les cours de Frank Lloyd Wright à l'université. Il arrive d'abord à Chicago, puis à New York en 1934 et travaille dans plusieurs théâtres de gauche, dont le Group Theatre et le Theatre of Action, comme acteur, animateur, directeur d'atelier. Il joue en 1935 dans la pièce The Young Go First dirigée par son ami Elia Kazan et par la suite collabore avec le producteur et découvreur de talents John Houseman qui l'emmène à Hollywood où il débute dans sa carrière de réalisateur.
 
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Roman américain : les vies de Nicholas Ray
Bernard Eisenschitz, Bourgois, 1990
Dans cette biographie de Nicholas Ray très richement documentée, Bernard Eisenschitz raconte minutieusement la vie et le travail de ce grand réalisateur. Témoignage sur le fonctionnement du cinéma de Hollywood, c'est surtout l'histoire de l'Amérique qui se déroule en parallèle avec ses crises et ses bouleversements.
A la Bpi, niveau 3, 791.6 RAY

Joseph Losey et Elia Kazan

Nés tous les deux en 1909, mais d'origine très différente, ils entrent au Parti communiste et remportent leurs premiers succès au théâtre dans les années 30, Kazan comme acteur au Group Theatre, Losey comme metteur en scène à Moscou. Tous deux ont travaillé pour la radio. Leurs premiers films sont marqués par leur engagement social et politique qui date de la période du New Deal avant de s'orienter vers un cinéma plus psychologique. La chasse aux sorcières marque leur séparation, avec les dénonciations de l'un et l'exil de l'autre en Europe.


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Kazan, Losey : entretiens
Michel Ciment, Stock, 2009
Après voir mené des entretiens dans les années 70 avec ces deux grands réalisateurs de la même génération, il est apparu à Michel Ciment que leurs destinées étaient parallèles et pouvaient être lues en miroir, avec leurs points de convergence et de divergence.
A la Bpi, niveau 3, 791.6 LOSE 1


 
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