Journée d'étude : "Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle"


Cette journée d'étude initialement programmee le 17 novembre 2015, aura lieu le mardi 2 février 2016 au Centre Pompidou (Petite Salle). Elle est organisée conjointement par le Comité d'histoire du ministère de la Culture et de la Communication, l'école nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (enssib) et la Bibliothèque Publique d'Information (Bpi).

Cette journée d'étude s'inscrit dans la continuité du séminaire "La démocratisation culturelle au fil de l'histoire contemporaine" qui s'est déroulé  pendant deux années successives (2012-2014) à l'initiative du Comité d'histoire, en partenariat avec le Centre d'histoire de Sciences Po.

Elle a pour objet d'interroger ce que le champ du livre et de la lecture peut apporter à l'éclairage de l'histoire des politiques de démocratisation culturelle ; de confronter des approches qui se situent au croisement de l’histoire culturelle (représentations, pratiques, discours et débats publics) et de celle des politiques culturelles ; de réunir spécialistes confirmés et de jeunes chercheurs.
 

Contexte problématique de la journée d'étude

Au regard de l’ensemble des activités de production de biens culturels (artisanales ou industrielles), des marchés et des champs professionnels spécifiques qui les organisent, la place du livre et de la lecture est originale : les logiques industrielles et commerciales de la diffusion de l'imprimé sont, et de loin, antérieures à la problématique plus récente des « industries culturelles ».

Par ailleurs, tout un pan de l'histoire culturelle du livre et de la lecture s'est joué en dehors des politiques publiques. En vrac, pour la période récente : Le Club du Livre, France Loisirs, le Livre de poche, le livre et l'édition à la télévision  (émissions littéraires mais aussi présence du livre et des écrivains dans des émissions grand public) ; multiplication des jury littéraires « populaires » : (Prix du livre Inter, des lectrices de Elle, Goncourt des lycées) ; « festivisation » et prolifération des salons et fêtes du livre ; retour de la « lecture » au théâtre, à la radio, ou par le biais des livres-CD...

La place du livre et de la lecture est tout aussi particulière dans l'ordre de l'action publique : elle constitue le socle des politiques d'alphabétisation et de développement de la scolarisation et imposerait, en toute rigueur, d'approfondir l'histoire des formes et de la culture scolaires. En vrac : corpus respectifs du primaire et du secondaire, lecture à haute voix et silencieuse, passage de l'explicitation de texte au commentaire, de la dissertation au résumé, lecture d’œuvres intégrales, étude d’œuvres contemporaines, légitimation par l’institution scolaire de genres considérés auparavant comme « mineurs »...

Comment l'entreprise scolaire républicaine s'est-elle prolongée dans des actions en direction de publics plus larges ? (cf. Discours sur la lecture et Des bibliothèques populaires à la lecture publique et autres travaux de la même veine).

La lecture occupe, enfin, une place spécifique dans les problématiques de démocratisation culturelle particulièrement perceptible lors des constats récurrents sur « baisse de la lecture » dont ceux objectivés par les enquêtes Pratiques culturelles des français (baisse considérée comme bien plus grave que celle de la fréquentation des théâtres ou des salles de concerts).

Au-delà des généralisations apocalyptiques (qui culminent avec la question de l’illettrisme), il est souhaitable d’analyser plus finement la réception contrastée des résultats de ces enquêtes dans le débat public, au sein des leaders d'opinion, dans le monde intellectuel et celui les professionnels du livre et de la lecture publique.