Le Navire Night


« Chaque nuit, à Paris, des centaines d’hommes et de femmes utilisent l’anonymat de lignes téléphoniques non attribuées, qui datent de l’occupation, pour se parler, s’aimer. Ces gens, ces naufragés de l’amour, du désir, se meurent d’aimer, de sortir du gouffre de la solitude.
Ces gens (Dominique Sanda, Bulle Ogier et Mathieu Carrière) qui crient la nuit dans le gouffre se donnent tous des rendez-vous. Ces rendez-vous ne sont jamais suivis de rencontres. Il suffit qu’ils soient pris. Personne n’y va. C’est l’appel lancé dans le gouffre, le cri qui déclenche la jouissance.
Ou peut-être l’autre cri – la réponse. Quelqu’un crie. Quelqu’un répond qu’il a entendu le cri.
C’est un orgasme noir. Sans toucher réciproque – sans visage – Les yeux fermés – La voix seule. Le texte des voix dit les yeux fermés. » Marguerite Duras