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Les frontières de la paix 3/4 : Allemagne-Pologne

Un chemin de planches sur une plage entre la Pologne et l'Allemange
Valerio Vincenzo, Deutschland-Polska, 2012
Entre la Pologne et l'Allemagne, un chemin conduit vers la mer. Le photographe, Valerio Vincenzo, nous livre les secrets de fabrication de quatre photographies qui plaident en faveur de la suppression des murs aux frontières, alors qu'une conférence performée met la question à l'honneur à la Bibliothèque publique d'information en novembre 2019. Valerio Vincenzo saisit depuis douze ans l'effacement des barrières entre les pays de l'Union européenne, au sein de la série Borderline, les frontières de la paix. Dans ses images, d'anciennes zones de tension deviennent le symbole de la confiance entre pays et de la liberté de circuler. 
 
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« On a du mal à croire qu’il y a un peu plus de vingt ans, cette plage entre l’Allemagne et la Pologne était la frontière la plus militarisée en Europe. En 1996, pourtant, il y avait un policier tous les 400 mètres, le long des 470 kilomètres qui séparent ces deux pays. 30 000 personnes travaillaient pour protéger les Allemands fraîchement réunifiés de leurs voisins à l’est, considérés comme dangereux. En 2004, la Pologne a rejoint l’Union européenne et cette méfiance a perdu sa raison d’être.  
En 2012, quand j’ai pris cette photo, la passerelle en bois se jetant dans la mer Baltique venait d’être terminée. Il s’agit d’un symbole fort du chemin de paix parcouru par l’Europe depuis les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale.

Dans mon travail, je m’intéresse aux frontières entre pays en paix. Aujourd’hui quand on pense au mot "frontière", on y associe souvent des images à connotation négative, comme des murs ou des barbelés. Or, cette association est trompeuse : le géographe français Michel Foucher a calculé que, dans le monde, seules 6 % des frontières entre États sont des barrières. Les frontières, par définition, sont des lieux de passage.
Il y a cinquante ans, imaginer une Europe sans barrière était une utopie. J’ai la chance inouïe de prendre en photo une utopie devenue réalité. »

Valerio Vincenzo
 
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