Publié le
20/03/2019
Son

Le théâtre grec de Ruppert & Mulot

Les dessinateurs Florent Ruppert et Jérôme Mulot sont intervenus pour les Territoires de la BD qui a eu lieu le 3 octobre 2008 à la Bpi. À l’occasion de leur venue pour les Jeudis de la BD le 28 mars 2019, Balises vous propose de revenir sur cette rencontre où les auteurs présentent leurs techniques de travail en duo et l’influence de la langue des signes et des films muets sur leur dessin.
 

Ruppert et Mulot dessinent et scénarisent en duo, comme Philippe Dupuy et Charles Berberian. Ils fonctionnent par « copiage mutuel ». Les idées graphiques sont développées indépendamment puis partagées et recopiées de sorte à employer un « vocabulaire graphique commun ». À la manière des dessins animés, ils travaillent par calque. Les dessins sont créés séparément pour les décors et pour les personnages. Cette technique de superposition facilite les corrections.
Dans leurs « strips verticaux » les dialogues sont écrits en « arborescence ». Les bulles sont créées les unes à la suite des autres. La ponctuation est parfois totalement absente et les phrases sont découpées en groupes de mots, en sons. Le but étant de montrer les imperfections de l’oralité et les réflexions parfois absurdes du cerveau humain.
Les dessinateurs s’inspirent du théâtre grec en reprenant les visages figés et les bouches en forme de trou. Dans Le tricheur, l’idée de retirer le texte et de créer des visages sans expression au moyen d’un « » vient du cinéma muet de Charlie Chaplin. Les émotions passent par les corps et les mouvements. « Ce sont les rapports de domination entre les personnages que nous interrogeons avec l’inexpressivité faciale », précise Florent Ruppert. C'est par les spectacles en langue des signes que les dessinateurs ont trouvé l'idée de l'austérité dans les dialogues. 

 

Retrouvez la rencontre sur notre WebTV / WebRadio

Retrouvez l'entretien Dans la bulle de Ruppert & Mulot sur notre webmagazine Balises


Auteur :
CC BY-NC-SA 4.0