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Mon premier atelier

Interview d'Emilie Giordano, bibliothécaire à la Bpi, sur les enjeux et les problématiques liées aux ateliers numériques, à la suite de sa première animation d'atelier.
Qu’est-ce qui t’a donné envie d’animer des ateliers numériques à la Bpi ?

De manière générale, j’apprécie les échanges et le contact avec les gens.
Lorsque j’ai passé le concours de bibliothécaire, mon intérêt ne portait pas uniquement sur les collections, mais aussi sur les échanges avec le public, la transmission de pratiques et de connaissances, l’animation et la médiation. Je ne suis pas une spécialiste du numérique mais j’aime apprendre et transmettre.

La dimension sociale est également très importante pour moi: la bibliothèque est accessible à tous, les ateliers sont libres et gratuits ce qui permet à des publics variés de se côtoyer, d’apprendre, de passer du temps ensemble.
Enfin, c’est un moyen de rencontrer des collègues et de travailler en équipe différemment, ce qui est très enrichissant, d’autant que le travail de chargé de collections peut être solitaire.
 
D’après toi, qu’est-ce qui est le plus important dans ces ateliers numériques ?

Pour moi, le plus important est d’être à l’écoute, disponible, claire et pédagogue. 
Les niveaux étant assez hétérogènes, il faut essayer de s’adapter à chaque personne, ce qui n’est pas toujours évident dans ce format d’atelier (1h30), et ce même si les participants sont peu nombreux (8 personnes maximum).
 

Penses-tu que ce qui prévaut dans l’animation d’un atelier numérique est plus le rôle social ou les connaissances en numérique et en informatique ?

Je pense que c’est les deux.
Les publics auxquels on s’adresse sont plutôt des personnes assez âgées, qui n’ont pas toujours d’ordinateur ni d’accès à internet à la maison. Nous avons également affaire à des personnes plus jeunes ou en difficulté sociale. Les ateliers sont un moment de rencontre et d’échange, ils permettent de créer ou de recréer du lien social. Mais bien sûr nous avons quand même des connaissances sur le numérique à transmettre. Donc, on travaille sur les deux fronts en fait.

Le but est vraiment de faire pratiquer les participants, ce qui est essentiel car certaines personnes ont très peu l’occasion de le faire. Je pense qu’il est préférable qu’ils aient appris deux trois ou choses concrètes qu’ils seront capable de réutiliser, plutôt que d’avoir un programme trop ambitieux et difficilement exploitable par la suite.
 
Quelle fut ta première impression lorsque tu as observé ton premier atelier ?

Cette observation m’a confirmé que ces ateliers répondaient à une vraie demande et étaient très plébiscités par les usagers. De nombreuses personnes sont à la recherche de connaissances de base en informatique, ont envie et besoin de pratiquer.

En sortant de mon premier atelier, j’ai constaté que les participants étaient très reconnaissants et satisfaits de leur expérience. Ils n’avaient pas des attentes démesurées; ils ont acquis des bases et sont entrés dans une démarche d’apprentissage plus générale.
Les ateliers ne sont pas forcément une fin en soi, ils correspondent à un processus dans lequel les gens entrent, sachant qu’ils feront souvent plusieurs ateliers, se renseigneront par eux-mêmes, ou auprès du service autoformation.
 
Comment as-tu trouvé les publics ?

Je les ai généralement trouvés, ouverts,  à l’écoute et  très impliqués.

Je m’attendais à ce qu’ils soient un peu plus passifs. Ils communiquent aussi beaucoup entre eux. Certaines personnes ont des questions un peu personnelles ou pointues, ce qui est un peu compliqué car on a envie de leur répondre,  mais on ne peut pas le faire dans ce format d’atelier, alors on les renvoie parfois vers les Déclics informatiques, une nouvelle permanence qui propose des rendez-vous personnalisés.

Je pensais que huit personnes, ce n’était pas beaucoup, mais je me suis rendue compte en observant et en animant que deux animateurs n’étaient pas de trop!
 
Comment s’est déroulé ton premier atelier en tant qu’animatrice ?

J’ai préparé l’atelier ”Je crée ma boîte mail” en amont avec une collègue. Comme je n’avais jamais animé d’ateliers et rarement pris la parole en public, j’avais un peu le trac. On s’est réparti la parole et comme elle avait déjà animé plusieurs ateliers, cela m’a aidée et l’atelier s’est passé de façon fluide et naturelle. Le temps passe très vite et cela ressemble beaucoup à un échange même si l’on transmet des connaissances.

Globalement, j’ai trouvé que cet atelier s’était très bien passé, même si bien sûr il y a toujours des choses à améliorer. J’ai trouvé cette première expérience très intéressante et elle m’a donné envie de continuer dans cette voie.
 
Quelles difficultés as-tu rencontré ?

Pour cet atelier nous avons  de la chance : tout s’est très bien passé, hormis un câble réseau à brancher suite à un problème de wifi.
Les collègues rencontrent parfois cependant des difficultés techniques (obsolescence de certains ordinateurs, problèmes de branchement,…).
 
Comment te verrais-tu évoluer en tant qu’animatrice d’atelier numérique ?

Je souhaiterais varier les types d’ateliers, proposer de nouvelles idées, observer ce qui se passe ailleurs. J’avais par exemple commencé à regarder ce qui se passait à la médiathèque de la Canopée. Je souhaite aussi continuer à m’améliorer, être plus pédagogue, plus claire. Cette expérience est très enrichissante car elle permet d’évoluer professionnellement mais aussi personnellement.
 
Quel conseil prodiguerais-tu à un collègue qui animerait prochainement son premier atelier numérique ?

Je pense qu’il est impossible d’avoir réponse à tout et que ce n’est pas ce que les gens attendent. Ils ont envie qu’on les aide à avancer pas à pas.
Il est également essentiel de préparer son intervention avec le collègue avec lequel on co-anime, afin de se répartir la parole, et de bien caler les choses en amont.
 
Peux-tu citer une anecdote sur un atelier auquel tu as participé en animation ou en observation ?

J’étais en observation sur l’atelier « Je crée ma boîte mail » et au moment des inscriptions, ma collègue m’a appris qu’à l’occasion des 40 ans du Centre, France 2 viendrait filmer l’atelier. L’équipe a filmé pendant 45mn et n’a gardé que 2mn où l’on m’aperçoit en train d’expliquer à une participante comment déplacer la souris. Des amis m’ont reconnu à distance, ce fut une expérience amusante !
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