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De Ligne en ligne n°10 - Janvier à avril 2013

Ce festival est né et a évolué dans une bibliothèque, la Bpi. Est-ce Cette année, le festival Cinéma du réel fête que ce lien a un sens pour vous? Comment mieux intégrer le fes- ses trente-cinq ans. Rendez-vous privilégié tival dans la bibliothèque et dans le Centre Pompidou? avec la production la plus récente de docu- mentaires internationaux à travers ses trois La place singulière de Cinéma du réel dans une bibliothèque sections compétitives internationales qui fait elle-même partie d’un centre d’art et de culture est un cas (longs-métrages, premiers films et courts- unique dans le monde. Aucun autre festival n’est si étroitement lié métrages), le festival inaugure cette année au cœur d’une ville qui est aussi le cœur d’un pays. Le nombre élevé une nouvelle section compétitive consacrée d’accréditations offertes chaque année aux bibliothécaires français au meilleur de la création documentaire Maria et le réel témoigne de la qualité des rapports avec la bibliothèque. Le lien française de l’année. existe, il faut le renforcer par un nombre accru d’actions menées Plusieurs sections parallèles feront décou- en collaboration tout au long de l’année. En organisant des rencon- vrir au public et aux professionnels présents tres dans la bibliothèque par exemple, en imaginant des pro- les rapports complexes et multiples entre grammes pluridisciplinaires conçus dans la perspective d’une tradition cinématographique et transfor- actu: réflexion sur le cinéma documentaire. mation à l’œuvre dans le travail des jeunes 10 Quant au Centre Pompidou, c’est un lieu symbolique que cinéastes. Du Chili de Salvador Allende au tout le monde connaît, où les publics de trois institutions se cinéaste indien militant Anand Pathwardan, croisent. Il faut trouver une continuité dans cette circulation pen- du récemment disparu Stephen Dwoskin dant les dix jours de projections. Cela passe par un travail fin sur à une programmation autour de l’utopie et l’intégration des bureaux d’accueil du festival au niveau -1, une de l’identité imaginaire d’un pays, les attention particulière portée au design, à la scénographie, à l’am- sections thématiques, ateliers, rétrospec- biance. Pour que les visiteurs ne sortent pas du Centre et de la Bpi tives, rencontres professionnelles et débats pendant dix jours, qu’ils vivent au rythme du festival. offriront pendant dix jours une occasion unique de rencontres et de réflexion sur le On ne peut pas conclure sans évoquer la programmation 2013… cinéma, et d’ouverture au monde présent. Je suis arrivée début octobre. Cinq mois pour préparer un festival comme Cinéma du réel, c’est très court. Pourtant, je suis con- fiante car j’ai une idée assez claire de la façon dont je veux travailler. J’apprécie beaucoup le travail de Javier Packer-Comyn, qui m’a précédée dans ces fonctions. Dès mon arrivée, je me suis posé la rencontrer et se mêler. Je veux qu’il y ait beaucoup d’occasions de D.R. The Lebanese Rocket Society, J. Hadjithomas & K. Joreige, un projet très,Arrested CinemaArlette AlliguiéPropos recueillis parBpirencontres, pas seulement officielles, mais aussi des moments deconvivialité, où l’on parle de cinéma. Afin de voir grandir dans lesannées qui viennent des projets de films nés pendant le festival. question: que faut-il garder, que faut-il, non pas changer, mais adapter à ma personnalité? Il y a évidemment des sections qui res- teront, je pense par exemple à ambitieux. Et je m’intéresse de très près à la création récente. Tout ce que j’ai appris au Festival dei Popoli m’a fait comprendre l’im- portance de faire du festival un lieu de rencontres, où les réalisa- teurs, les distributeurs, les producteurs et le public peuvent se The Lebanese Rocket Society, de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige projeté dans la programmation sur les utopies et les pays imaginaires Fin


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