Au Centre : Eileen Gray

De Ligne en ligne n°10 - Janvier à avril 2013

EILEEN GRAY: UNE MODERNITÉ Eileen GrayExposition POÉTIQUE ET SENSIBLE Centre Pompidoudu 20 février au 20 mai Eileen Gray Si modernisme signifie pour vous: fonctionnalisme radical et glacé, c’est que vous ne connaissez pas Eileen Gray. Courez au Centre: voir l’exposition que le Centre Pompidou lui consacre. Si vous aimez déjà Eileen Gray, courez voir cette exposition 14 car c’est la plus riche rétrospective qui lui ait jamais été consacrée. Sa commissaire, Cloé Pitiot, nous l’a présentée pour vous. Eileen Gray (1878-1976) À l’orée du XXe siècle, cette jeune Irlandaise issue d’une riche Encouragée par Badovici, Eileen se tourne ensuite vers famille aristocratique étudie la peinture à la Slade School of Fine l’architecture. Elle réalise avec lui, à Roquebrune-Cap-Martin, la Arts de Londres. À la même époque, elle découvre les meu- villa « E1027 » (E pour Eileen, 10 pour la dixième lettre de l’al- bles laqués présentés au Victoria and Albert Museum, et décide phabet: le J de Jean, 2 pour le B de Badovici et 7 pour le G de alors de s’orienter vers les arts décoratifs. Fascinée par l’art du Gray). L’esprit en est résolument moderne, avec des lignes épu- laque, elle s’initie à cette technique auprès d’un restaurateur de rées, un mobilier modulaire et extensible. paravents chinois, D. Charles. Le début des années 1920 est décisif dans sa carrière: c’est Collection particulière, courtesy Galerie Vallois - photo : Galerie Vallois - A. Carpentier À partir de 1907, Eileen Gray s’installe à Paris; elle rési- dera en France jusqu’à sa mort. À Paris, le laqueur japonais Seizo Sugawara lui enseigne son art. Les objets laqués qu’elle crée alors, teintés de colorants naturels bleu vif et vermillon, sou- vent incrustés d’or, d’argent ou de nacre, connaissent un certain succès. Le couturier Jacques Doucet, collectionneur d’art, lui com- mande plusieurs pièces et en 1919, Eileen est chargée d’aménager l’appartement luxueux de la célèbre modiste Suzanne Talbot. l’époque de sa rencontre avec l’architecte Jean Badovici. À son contact, elle fera la connaissance de nombreux créateurs (notam- ment les architectes Le Corbusier et Kiesler) et se familiari- sera avec les courants avant-gardistes de l’époque (constructivisme, Bauhaus, De Stijl). En 1921, elle ouvre un atelier-boutique – la Galerie Jean Désert – pour réaliser, exposer et vendre ses créations: meubles, tapis et pièces en laque. Table aux chars, conçue pour Jacques Doucet, vers 1915 bois laqué rouge et noir, tiroir à poignées d’ébène et d’ivoire


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