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De Ligne en ligne n° 14 - Avril à septembre 2014

9 Fin Au Centre : Magie des archives Esther Mahlangu (Afrique du Sud), Yongping Huang (Chine) et les moines tibétains (Népal) pendant le montage de l’exposition © Centre Pompidou–Mnam-Bibliothèque Kandinsky-Jacques Faujour Archives et droit d’inventaire Avec la mise en oeuvre spatiale et les concessions aux exigences muséales, les frontières se reconstituent. C’est l’un des regrets de Sarkis, qui a participé à l’exposition de 1989. Spontanément, il a souhaité contribuer à l’hommage du 25ème anniversaire en créant un environnement à partir des archives visuelles. Pour chaque artiste, il a réalisé un agrandissement photographique d’une oeuvre. La juxtaposition des images abolissant les cimaises opère comme un repentir de Magiciens de la terre. L’enrichissement des collections est l’autre ambition du projet qui n’aura finalement pas abouti. La consultation des registres d’entrées le montre : peu d’acquisitions ont été faites à la suite de l’exposition et de cet énorme travail de recherche. Un moment entr’ouvertes, les portes de l’institution se sont refermées. Mais vingt-cinq ans après les débats et les controverses qu’elle a suscités, cette « première exposition mondiale d’art contemporain », comme la qualifie Jean-Hubert Martin, reste une pierre d’angle. Les archives numérisées invitent à mesurer les changements politiques et sociétaux intervenus depuis lors. Ces documents, rendus aisément manipulables par la magie numérique, sont le support des conférences de l’université d’été que lance la Bibliothèque Kandinsky. Un programme quotidien qui interroge à la fois les problématiques de l’histoire des expositions et celles de la mondialisation de l’art. D’après les propos de Didier Schulmann, directeur de la Bibliothèque Kandinsky et de Stéphanie Rivoire, responsable du service Archives et documentation, recueillis par Marie-Hélène Gatto et Lorenzo Weiss. L’exposition Magiciens de la terre présentée par son commissaire Jean-Hubert Martin en 1989 : « Installée sur deux sites, au Centre Georges Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, cette exposition internationale d’art contemporain présente 100 artistes contemporains, 50 de pays occidentalisés, 50 de pays non occidentalisés. ... pour la première fois, l’art des sociétés occidentalisées n’est pas mis face à l’art du reste du monde avec l’objectif de faire un parallèle, de les opposer, mais au contraire avec l’envie de tout regrouper ensemble, comme provenant de la même branche d’art, ce qui permet la vision d’oeuvres extrêmement diversifiées. Cette exposition annonce une nouvelle approche de l’histoire de l’art. Elle montre aux pays occidentalisés que l’art contemporain existe en dehors *de l’occident. » Extrait du dossier de presse Pour aller plus loin : • Site de l’exposition Magiciens de la terre : http://magiciensdelaterre.fr/ • Magiciens de la terre, catalogue de l’exposition, Centre Pompidou, 1989 704-8 MAG Cette exposition s’inscrit dans la programmation Magiciens de la terre : retour sur une exposition légendaire, coordonnée par Annie Cohen-Solal et Jean-Hubert Martin.


De Ligne en ligne n° 14 - Avril à septembre 2014
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