Rétrospective : Nurith Aviv - "Un picotement sur la langue"

de ligne en ligne n° 18 - octobre à décembre 2015

rétrospective Nurith Aviv Filiations, langues, lieux du 6 au 25 novembre Cinéma 1 et 2 Programme complet : www.bpi.fr NURITH AVIV « UN PICOTEMENT SUR LA LANGUE » Née en 1945 à Tel-Aviv, Nurith Aviv a fait ses études de cinéma en France, où elle est la première femme à avoir obtenu sa carte professionnelle de chef opératrice. Elle a signé l’image d’une centaine de films dont les auteurs sont, entre autres, Agnès Varda, Amos Gitaï, René Féret, Jacques Doillon ou encore René Allio. Nurith Aviv a réalisé onze films documentaires. Elle y tisse les récits des personnes qu’elle rencontre avec des éléments auto- biographiques, des histoires bibliques et, souvent en arrière-plan, l’Histoire. Son nouveau film constitue une approche sans doute plus scientifique de ce qui nous humanise. Entretien Votre prochain film s’intitule Poétique du Cerveau. De quoi s’agit-il ?   C’est un autre éclairage sur la question de la langue, centrale dans tous mes films. Laurent Cohen, neurologue spécialiste de la lecture, fait le lien avec les films précédents en énumérant les nombreuses langues que parlait son grand-père, ce dont il se vantait devant ses copains. Et il dit que le cerveau, préparé génétiquement pour la parole, pour la vision, ne l’est pas pour la lecture. Pourtant, n’importe quel être humain qui apprend à lire, où qu’il se trouve, quelle que soit sa langue, et quel que soit son âge, réorganise la même région de son cerveau. Il s’agit d’un recyclage d’une partie de la zone visuelle, permettant la reconnaissance des visages et des paysages, qui sera désormais affectée à la reconnaissance des formes visuelles des mots.   Une autre propriété que je trouve également extraordinaire est ce que Vittorio Gallese nomme les neurones miroirs. Que l’on soit acteur ou spectateur d’une action, le même circuit s’active. Et pas simplement quand on voit, mais quand on entend les mots décrivant l’action, ou quand on lit ces mots ou même seulement quand on imagine la scène ! Yadin Dudai développe une idée analogue à propos de la mémoire. Les circuits utilisés pour se souvenir sont les mêmes que ceux qui vont vers l’avenir, c’est-à-dire ceux de l’imagination ! 8 rétrospective : Nurith Aviv © Nurith Aviv Nurith Aviv


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