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Interview

Dans la bulle d'Émilie Gleason

Émilie Gleason
Émilie Gleason © Tony Trichanh
Émile Gleason est autrice de bande dessinée et illustratrice. En 2018, elle publie Ted, drôle de coco, une bande dessinée fortement inspirée de l’histoire de son frère, diagnostiqué autiste Asperger. La BD remporte le Fauve Révélation au 46e Festival de la bande dessinée d’Angoulême.
La Bibliothèque publique d’information propose une rencontre suivie d’un atelier avec Émilie Gleason le jeudi 11 avril. À cette occasion, l’autrice parle à Balises de ses lectures d’enfance et des œuvres qui l’inspirent au quotidien.

Que lisiez-vous quand vous étiez enfant ?

Assez tôt, j’ai découvert la bibliothèque de mon grand-père, notamment Lolo et Sucette de Marc Hardy et Yann qui avait soulevé beaucoup de questionnements chez l’enfant de 8 ans que j’étais. Je lisais aussi le journal La Libre en Belgique qui offrait des compilations de BD de Peyo ou de Hergé. Je prenais beaucoup de plaisir à regarder les images, je m’enfermais aux toilettes juste pour le lire !
Enfin, pour tout avouer, je regardais beaucoup la télé. Je m'abreuvais de dessins animés un peu bêtes et de Disney-karaoké. Je ne regrette pas, c'est une influence comme une autre !

Quel.le.s sont les artistes qui vous ont donné envie de faire de la BD ?

J’ai eu un déclic en lisant Philémon de Fred et tous les albums d'Édika (l'un des auteurs BD qui me fera rire jusqu'à ma mort). Mais le livre qui m’a définitivement convaincue, c’est Les Fables paniques d'Alejandro Jodorowsky, que j'ai découvert au Mexique à mes 15 ans. C'était magnifique !
J’ai réalisé ma première BD d’une vingtaine de pages quand j’avais 10 ans, puis une deuxième en trois tomes à l’âge de 13 ans, mais je n'ai pas de souvenirs d'influence artistique qui m'aient marquée à cet âge-là. C'était déjà une évidence de m'exprimer en BD.

Avez-vous lu des livres ou consulté d'autres BD qui traitent de l'autisme pour préparer Ted, drôle de coco ?

J'ai commencé à écrire Ted sans me renseigner sur ce qui existait sur l'autisme en général, mais je sais qu’il n’existait aucune BD sur Asperger. Peu après est sorti La Différence invisible de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline. J'étais un peu frustrée de ne pas être la première à publier quelque chose sur ce thème ! Mais après l'avoir lue, j'ai bien vu que les deux œuvres seraient très différentes. C'était très intéressant de voir toutes les dissimilitudes possibles sur une expérience aussi forte. Plus tard, j’ai lu Mes petites victoires de Yvon Roy et Ce n'est pas toi que j'attendais de Fabien Toulmé qui ont été deux lectures très fortes.

Quelle musique écoutez-vous ? Avez-vous un disque à nous conseiller ?

La musique fait partie intégrante de ma vie ! De la cumbia péruvienne pour me réveiller, des BO d'opéra rock en travaillant, les tubes des années 2000 pour revivre ma jeunesse, Claude François et Jacques Brel, Eminem et Kendrick Lamar pour chanter à tue-tête en soirée ! J’écoute aussi la radio FIP en boucle sur laquelle je fais de formidables découvertes comme la Danoise Grethe Agatz et l'Étasunien Yo-Yo Ma. Je vous conseille d’écouter sa collaboration avec Bobby McFerrin, Hush, c'est vraiment extraordinaire, j'adore !

Quel roman avez-vous envie de nous faire découvrir ?

Mon dernier coup de cœur, c’est Nom d'un chien d’André Alexis que j’ai découvert lors de ma période où je ne lisais que des livres en relation avec les chiens. Ça raconte l’histoire d’Apollon et d’Hermès qui donnent l'intelligence humaine à une horde de chiens errants que l'on voit évoluer tout au long du livre. C'est génial !
Je me suis remis à lire des romans ces derniers temps, ça fait un bien fou.
Auteur :
CC BY-NC-SA 4.0
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