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Escale picturale en Normandie, sur la trace des impressionnistes

En Normandie à la fin du 19e siècle, un petit groupe de peintres s'exerce à de nouvelles techniques picturales. Ils sortent de l'atelier pour capter la lumière et jouer avec les nuances qu'elle donne à la nature. Le cadre normand leur fournit une inépuisable source d'inspiration.
Chaque semaine durant la crise sanitaire, la Bibliothèque publique d’information fait escale dans des lieux différents pour découvrir un aspect de leur histoire, de leur organisation ou de leur patrimoine, accompagné d’une sélection de ressources à consulter en ligne et dès la réouverture de nos salles.
 
En longeant la Seine depuis Paris, la première grande ville que l'on rencontre est Rouen. Entre 1892 et 1893, Claude Monet choisit de peindre la cathédrale Notre-Dame. Il réalise quarante tableaux du portail à différentes heures de la journée. La façade gothique est un prétexte pour faire surgir sur la pierre les variations de la lumière au gré du temps. 
Le Portail, Claude Monet, 1894, Wikimedia commons

En poursuivant la promenade jusqu'au port fluvial, nous retrouvons les paysages peints par Camille Pissarro. Chaque toile traduit l'atmosphère effervescente de cette ville moderne dont l'activité économique, symbole de la révolution, se concentre autour du port.

Le Havre offre également ce décor à de nombreux peintres. Eugène Boudin, précurseur de la peinture en extérieur, trouve, dès les années 1850, une grande source d'inspiration dans le motif portuaire. Il exécute de nombreuses marines représentant les ports du Havre, de Honfleur, de Trouville... où les contours de la ville se dessinent à peine autour des bateaux, mettant ainsi au premier plan les changements météorologiques immédiatement palpables.

C'est aussi au Havre que Monet réalise Impression, soleil levant  en 1873, l'œuvre qui donnera son nom à un mouvement artistique révolutionnaire : l'impressionnisme.

Près de Honfleur, la ferme Saint-Siméon, aujourd'hui transformée en hôtel de luxe, retient notre attention. À partir des années 1860, Johan Barthold Jongkind et Monet viennent s'y exercer à la peinture en plein air, aux côtés d'Eugène Boudin.

Poursuivons en direction de Trouville. Eugène Boudin, Claude Monet et bien d'autres y réalisent des scènes de plage. Ils exécutent des portraits d'une clientèle fortunée qui vient goûter les plaisirs des bains de mer ou des scènes de vie des stations balnéaires nouvellement construites. La Plage à Trouville (1870) et Hôtel des Roches Noires (1870) de Monet en donnent une belle illustration.
 
Impératrice Eugénie sur le plage de Trouville, Eugène Boudin, 1863, Wikipédia

Revenons enfin à l'intérieur des terres et arrêtons-nous à Giverny. D'abord louée par le peintre en 1883, cette grande bâtisse devient sa propriété en 1890. Commencent alors de grands travaux pour aménager le jardin et pour en faire une véritable œuvre d'art. Monet confiera à son fils : « Mon plus beau chef-d'oeuvre, c'est mon jardin ». Inspiré par les jardins japonais qu'il a découverts pendant l'exposition universelle, il crée un jardin d'eau agrémenté d'un pont japonais qui enjambe l'étang aux nénuphars. C'est un univers de couleurs sans cesse brouillées par les reflets changeants de la lumière sur l'eau. Ce sujet occupera Monet jusqu'à la fin de sa vie, donnant naissance à l'immense série des Nymphéas.