Publié le
12/06/2019
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« L’agriculture urbaine n’est pas une histoire récente »

La rencontre « Cultiver en ville : à la découverte de l’agriculture urbaine », organisée à la Bpi en avril 2019, retrace l’histoire de l’agriculture urbaine et fait l’état des lieux des pratiques agricoles en Europe.
 

Antoine Lagneau, chargé de projets à l’Agence régionale de la biodiversité, explique que l’agriculture urbaine « fait vivre la ville et vit de la ville ». Elle utilise les réseaux d’eau et d’électricité et exploite toutes les surfaces urbaines comme les parkings, les sous-sols et les toits. C’est une agriculture multi-fonctionnelle.
La civilisation sumérienne la pratique dès - 4 000 ans. dans la ville d’Uruk en Mésopotamie. Cette période marque les débuts de l’agriculture urbaine. Antoine Lagneau rappelle ensuite qu’au 19e siècle, Paris se fournit en fruits et en légumes sur le territoire de la « Plaine des Vertus » qui s'étend d'Aubervilliers à La Courneuve. Avec l’industrialisation, l’urbanisme et l’arrivée du chemin de fer, cette zone maraîchère se réduit. Avant la Première Guerre mondiale, l’abbé Jules-Auguste Lemire crée les jardins ouvriers et met à disposition des chefs de famille des parcelles de terre afin de redonner leur indépendance alimentaire aux foyers. À New-York, dans les années soixante-dix, l’artiste plasticienne Liz Christy transforme des friches industrielles en « agora agricole » où sont cultivés des légumes, des fruits et des plantes. Elle lance le mouvement de la guérilla jardinière qui s’étend maintenant jusqu’en Europe.

Simon Ronceray, agriculteur urbain, recense les différentes initiatives d’agriculture urbaine en Europe. Il cite les jardins pour enfants à Bologne, les centres d'hébergement pour Roms en Roumanie qui mettent en place des jardins à vocation sociale, les jardins partagés près des voies de chemin de fer en Europe centrale... « Les projets d’agriculture urbaine se font en temps de guerre mais également pendant les périodes de crises alimentaires, environnementales et immobilières », précise t-ilSelon lui, l’agriculture urbaine est présentée dans les médias comme l'unique outil pour solutionner les problèmes environnementaux en ville mais certains aspects négatifs ternissent son image (destruction de l’espace urbain sans en informer les citoyens, dégradation par « effet de jalousie »…). Il termine par des exemples de fermes urbaines réalisées par l'association Veni Verdi à Paris sur les toits du collège Henri Matisse dans le 20e arrondissement ou encore de l’école Tanger dans le 19e arrondissement.

 
 

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CC BY-NC-SA 4.0