Article

Le mouvement Gekiga

Le Gekiga est un style de manga alternatif, créé dans les années 50 et qui s'adresse à un public adulte.
/files/live/sites/Balises/files/Images/bande-dessinee/Yoshihiro_Tatsumi_2010%20CC%20BY-SA%203.0%20Wikimedia-resize450x600.jpg
Yoshihiro Tatsumi 2010, CC BY SA 3.0, Wikimedia
Gekiga signifie littéralement « image dramatique ». Le terme est forgé en 1957 par Yoshihiro Tatsumi, par opposition avec celui de manga ou « images dérisoires ». Il est rapidement adopté par toute une génération de dessinateurs.

Dans les années 50, ces auteurs travaillent souvent pour le réseau des bibliothèques de prêt basé autour d’Osaka, plutôt que pour les grands éditeurs de Tokyo qui publient Tezuka et ciblent essentiellement un public enfantin. Leurs œuvres sont très différentes les unes des autres, mais elles ont en commun l’idée d’une bande-dessinée pour adultes, parfois engagée socialement ou politiquement, et n’hésitant pas à décrire des scènes violentes ou crues.
 


Kamui Den
, de Sanpei Shirato, mêle ainsi un récit d’aventure, des histoires de samouraïs, et un discours d’inspiration marxiste et anti-autoritaire. Dans ses récits, Tatsumi s’attache quant à lui à décrire les différents maux qui accablent la société japonaise d’après guerre en pleine reconstruction morale et économique.




 


Dans un genre totalement différent, Takao Saito explore les possibilités du récit de genre pour traiter de l’actualité contemporaine. Son œuvre phare,Golgo 13, met en scène un tueur à gage mutique. C’est l’une des séries les plus longues jamais créée, avec une publication ininterrompue depuis 1968.





 
A la fin des années 60 et au début des années 70, une véritable contre-culture se cristallise autour de ces mangas, les étudiants y trouvent une source d’inspiration pour leurs mouvements de contestation. La bande-dessinée va jouer pour eux un rôle similaire au rock pour les hippies aux Etats-Unis.
Dans les années 80, avec l’industrialisation du manga, le développement du Shonen et de ses stéréotypes, le gekiga va progressivement quitter les devants de la scène. 

Avec plusieurs décennies d’avance, les auteurs issus du mouvement gekiga ont exploré des voies fort similaires à celles qui sont investies par la bande dessinée contemporaine. Traduits et publiés par des éditeurs comme Cornelius ou Kana dans sa collection Sensei, ils sont véritablement redécouverts aujourd’hui par le public français.
Captcha: