0   Commentaires
Article
Appartient au dossier :

Une diplomatie qui s'expose sur les réseaux

/files/live/sites/Balises/files/Images/Politique/cp_diplomatiereseaux_data.jpg
© Stocklib
La diplomatie investit la toile, combinant positions officielles et avis personnels. Nombre d'ambassades et de diplomates ont des comptes twitter ou des pages facebook qui portent une voix diplomatique différente.

Plusieurs initiatives récentes permettent de mesurer et de cartographier l'influence des réseaux sur la diplomatie.

L'application E-Diplomacy hub

The e-diplomacy hub
Même anecdotique et surtout médiatique, la nouvelle application web interactive E-Diplomacy hub montre comment internet bouleverse le jeu diplomatique.
Les réseaux sociaux sont devenus d'importants canaux d’information où s’exercent les influences dans le domaine des relations internationales.
Lancé  par l’Agence France-Presse en juin 2014, le site permet de mesurer, décrypter et comparer en temps réel et à l'échelle mondiale l'activité des principaux acteurs de la diplomatie numérique. Il s'appuie sur une base de données de plus de 4 000 comptes twitter de chefs d'État ou de gouvernement, d'officiels de haut rang, de leaders d'opinion (chercheurs, think tanks, journalistes...) et de militants (ONG, lobbyistes, hackers).

 

La twiplomacy

L'étude en ligne Twiplomacy de l'agence de communication Burson-Marsteller suit les liens numériques entre les leaders internationaux. Elle montre ainsi que deux tiers des leaders politiques mondiaux possèdent un compte twitter. Un quart de ces leaders suivent celui de Barack Obama ! Certains tweets ont fait date, ceux de la relation mouvementée entre l'ambassadeur américain à Moscou, M. McFaul et le Kremlin ou encore le premier tweet d'un pape, Benoît XVI, en 2013!

Twitter est un paradoxe pour la pratique diplomatique : le tweet est court et généralement provocateur, imprévisible pour mieux capter l'internaute, en totale opposition avec la fonction diplomatique, réfléchie, sérieuse et grave. Mais malgré les réticences, la communication numérique a pris le dessus.
Avec le numérique, les diplomates se transforment en leader d'opinion. Les réseaux sociaux permettent aux chefs d'États et de gouvernement de toucher un public plus large sur les questions de politique étrangère que la diplomatie traditionnelle. Cela ne veut pas dire qu'il y a plus de transparence sur l'activité diplomatique mais cela leur offre une visibilité qu'ils n'avaient pas auparavant.
Les réseaux donnent aussi un accès plus direct aux leaders politiques.
 

La France un peu à la traîne

La France tente de rattraper son retard en matière de communication diplomatique numérique. Elle propose désormais une vision globale de son activité diplomatique  sur la console du ministère des affaires étrangères
 
copie d'écran












 

Elle a  aussi ouvert un blog de diplomates : Carnets diplomatiques. Rédigés par des agents en poste en France ou à l’étranger, ces carnets dévoilent les coulisses de la diplomatie française à travers des expériences vécues sur le terrain.
 

Quelques diplomates pionniers

Carl Bildt sur le net
Quelques personnalités diplomatiques incarnent cette nouvelle forme numérique de relations internationales. C’est le cas de Michael McFaul, ambassadeur des États-Unis en Russie depuis 2011 ou encore Carl Bildt, diplomate et ministre des Affaires étrangères de la Suède.

Dans un entretien de la Revue des deux mondes de mars 2014, Carl Bildt  analyse ce moyen de "prendre le pouls du monde à un moment donné".
Il dispose aujourd’hui d’une forte visibilité numérique. Il a su imposer son style de tweet pour décrire son activité en faisant part de ses rencontres, en envoyant des messages de félicitations ou, au contraire, en exprimant ses inquiétudes sur tel ou tel sujet. À cette visibilité personnelle s’est ajouté un effort délibéré de la part du ministère suédois des Affaires étrangères pour créer et développer son exposition numérique. 
Captcha: