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Le prix Virilo : le plus potache

Créé en 2008, le prix Virilo est un outsider qui se taille une place de plus en plus conséquente dans le paysage littéraire.
Prix Virilo - logoLe jury du prix Virilo, nommé ainsi en écho au Femina, est constitué d’amateurs : sept hommes et neuf femmes arborant fièrement la moustache, emblème du prix, qui proclament avec insistance qu’ils achètent eux-mêmes et lisent en entier tous les livres qu’ils sélectionnent, contrairement à certains jurés de grands prix.

Alimentant à chaque rentrée un blog critique où règnent une mauvaise foi mordante et un certain esprit potache, les jurés du Virilo n’hésitent pas à se moquer des romans qu’ils estiment être des baudruches médiatiques ou des coups éditoriaux, allant jusqu’à décerner le prix parodique Trop Virilo, désignant “la plus belle poussée de testostérone littéraire de l’année” - laquelle n’est pas nécessairement l’oeuvre d’un homme. En 2014, agacés par la médiocrité de la rentrée, les jurés avaient même décidé de se mettre en grève...

Cet esprit frondeur et railleur n’empêche pas le prix Virilo de faire preuve d’un goût très sûr. Ainsi, par le passé, Eric Chevillard, Céline Minard et Pierre Jourde, entre autres, ont empoché les 11 euros remis au gagnant - c’est un euro de plus que le Goncourt. Des lauréats d’une valeur suffisante pour qu’on s’intéresse cette année encore au drôle de livre primé par le Virilo : Les États et empires du lotissement Grand Siècle de Fanny Taillandier, un texte en trompe-l’oeil qui sous ses airs d’essai d’urbanisme est un commentaire volontiers satirique sur l’utopie collective que fut, il y a quelques décennies, le lotissement pavillonnaire où s’alignaient le long d’allées infinies des maisons toutes identiques.
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