Appartient au dossier : Piano : les premiers pas

Dans le bain (touches noires)

Il y a 88 touches, 52 sont blanches et 36 noires. Les touches blanches sont larges, les noires plus minces.
Surtout, les 36 touches noires se succèdent par groupes de 2, puis de 3, sept fois sur le clavier. Visualisez bien ces sept séquences identiques.

Dans un premier temps, nous allons jouer uniquement sur ces 36 touches noires :

52 blanches et 36 noires composent les 88 touches du piano

Maintenez la pédale sustain enfoncée (nous verrons pourquoi), et …entrez dans le bain. Vous pouvez le faire de deux façons :

  • soit par petites touches, jouer quelques notes au milieu puis, avec la paume ou le dos de la main “descendre” (à gauche) vers les graves, ou “remonter” (à droite) vers les aigus ;
  • soit … jetez-vous à l’eau, et essayez de plaquer, avec les avant-bras, le plus grand nombre de notes d’un seul coup, de préférence dans les graves. Vous pourrez ensuite laisser résonner cet “accord” et jouer quelques notes plus aiguës.

Au bout d’une minute, cessez d’actionner les touches ; mais avec votre pied droit, maintenez la pédale enfoncée encore 10 secondes. Inspirez … et relâchez. Cela fera (peut-être) comme une “bulle” de silence – les particules d’air continuant de vibrer après que le son s’est tu.

Un peu de mécanique : que se passe-t-il lorsque vous relâchez la pédale ? Le son s’interrompt. S’il s’interrompt c’est que vous avez arrêté la vibration des cordes en actionnant les étouffoirs, ces systèmes qui font face à chacune des cordes et qui sont mis en action à chaque frappe. Par défaut, chaque touche enfoncée entraîne un marteau sur une corde, qui vibre tant que la touche reste enfoncée, et cesse de vibrer lorsqu’on la relâche.

Ce mécanisme complexe, installé par défaut, est “débrayé” par l’action de la pédale sustain pour que chaque corde frappée vibre jusqu’à extinction des sons. Cela convient donc particulièrement bien à un certain type de musique (ruisselante, océanique, rêveuse), mais pas du tout à d’autres (la sonate classique, les musiques pulsées).

Dans cette séance, nous utilisons beaucoup cette pédale afin d’apprécier les sonorités du piano sans se préoccuper de gestuelle ou de technique. Mais dans une démarche d’apprentissage vous serez amené e à apprivoiser ce que les guitaristes appellent un “son clair” (sans pédale).

Rejouez plusieurs fois (une minute environ) avec cette règle simple : pédale sustain enfoncée, uniquement les touches noires.

Expérimentez les contrastes, les progressions. Du grave… aux aigus. Du plus doux… au plus fort. De peu de notes… à beaucoup (et inversement). Plus rapidement ou plus lentement.

Par exemple vous pouvez partir doucement, comme une plume, d’un groupe de notes au milieu, aller vers les extrêmes du clavier en jouant des grappes, puis des blocs, de plus en plus fort, puis revenir au centre. A la fin, laissez vibrer (en maintenant la pédale enfoncée), inspirez…. puis relâchez.

Ça sonne, n’est-ce pas ?

Troisième étape : Sept fois cinq touches : une échelle (un langage ?)

Publié le 24/11/2021 - CC BY-SA 4.0