Carte blanche : Sans adieu, de Christophe Agou


Dans le Forez, Claudette, 75 ans, et ses voisins paysans comme elle, sentent bien que la société consumériste les ignore tout en grignotant ce qui leur reste de patrimoine et de savoir-faire. Mais tous ne sont pas du genre à se laisser faire.
 
« Sans adieu est la magnifique peinture d’une humanité debout. Des femmes, des hommes, des animaux, des lieux qui ont résisté au temps. Ils résisteront encore, avec panache, avec humour, avec rage jusqu’à la mort qui viendra les arracher à cette vie pour laquelle ils se battent chaque jour. Le réalisateur Christophe Agou, parti vivre à New York mais né sur cette terre paysanne, y retourne 13 ans durant afin de saisir ces visages et ces gestes, ultimes chants d’une époque qui s’éloigne doucement. Et ce qui bouleverse, c’est son regard.Dans les campagnes, dans des maisons où entre à peine le jour, dans des étables à échelle humaine, dans les champs, il sait rendre visible cette humanité qui se/que l’on montre peu.Car s’il n’est pas le premier cinéaste qui filme un monde paysan en proie au monde moderne, il le fait avec une telle proximité que ce qui s’en dégage est miraculeux. Miraculeux car il se met totalement, entièrement au service de ses protagonistes. Jamais ils ne sont victimes, alors que le monde d’aujourd’hui leur semble hostile, alors que le tragique n’est jamais loin. Et il filme avec une tendresse infinie ces femmes et ces hommes qui sortent grandis à chaque épreuve et qui, tout à coup, deviennent la seule humanité, la seule qui reste et nous en sommes encore étonnés lorsque la dernière image disparaît. » 

Jean-Louis Gonnet et Kathy Sebbah, cinéastes