Keywan Karimi


Dans la tourmente de la révolution iranienne qui a changé toute l’histoire politique de ce pays mais aussi celle du monde, les portraits de Khomeini et Shariati étaient omniprésents à Téhéran. La grande diversité des slogans a teinté la ville de nouvelles couleurs. Puis la guerre Iran-Irak a éclaté. Les images de martyrs, de chefs militaires et de héros ayant bravé la mort ont tapissé la ville. Ses murs sont devenus le thermomètre social et politique de la société iranienne. Un nouvel espace d’expression publique était né. Le film de Keywan Karimi (dont le premier long métrage Drum était en sélection à la Mostra de Venise 2016) raconte l’histoire de ces 30 années situées entre le début de la révolution islamique et la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Juste après avoir terminé son film, peu de temps après avoir mis en ligne la bande-annonce, le réalisateur a été condamné à six ans de prison et 223 coups de fouet pour « propagande contre les lois du gouvernement » et « insulte à la sacralité de la religion » . Après de nombreux appels, sa peine de prison a été réduite à un an, mais les coups de fouet n’ont pas été remis. Actuellement encore en prison, Keywan Karimi semble ne pas être en bonne santé et son état nécessiterait des soins. Amnesty International et d'autres organisations appellent à sa libération immédiate.
Le combat pour la liberté d'expression doit encore et toujours se poursuivre.