Quelle Syrie, pour quel monde ?


En ouverture d’une semaine de manifestations culturelles dans Paris sur la Syrie aujourd’hui, le Centre Pompidou et la Bpi organisent une rencontre publique pour dire et comprendre le cauchemar chaotique dans lequel est plongée la Syrie.

« Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable », déclare Jean-Pierre Filiu, professeur en histoire du Moyen-Orient à Sciences-Po, en tête de son ouvrage Le Miroir de Damas. « Une horreur tellement inimaginable, continue-t-il, que cette atroce réalité est niée, ou au moins minorée ». Contre le déni, l’effacement ou l’oubli volontaire de ce pays et de son peuple que nous voyons souffrir sans fin dans les médias, meurtris par déjà plus sept ans de guerre et de répression, ce débat entend d’abord faire surgir des voix, des paroles, des regards : il s’agit d’évoquer la Syrie, son présent chaotique, d’en comprendre sa situation, de la réinscrire dans une longue histoire et surtout dans un monde contemporain dont elle est un des abymes. Un an après la chute d’Alep Est, quelques semaines après la prise de Raqqa aux combattants islamiques, comment peut-on même évoquer un avenir pour la Syrie ? Et comment font pour en parler ceux qui, historiens, écrivains, photographes ou cinéastes, tentent d’en rendre compte ?