8 ressources numériques sur le coup d’État de 1973 au Chili
La Bpi a sélectionné pour vous huit ressources numériques sur le coup d’Etat de 1973 au Chili.

Le 11 septembre 1973, un coup d’État militaire dirigé par le général Augusto Pinochet met fin au gouvernement de coalition de gauche, l’Unité populaire, au Chili. Le président Salvador Allende, figure emblématique d’une tentative de socialisme démocratique, se suicide au palais de la Moneda après un discours bouleversant, diffusé sur Radio Magallanes, où il invite son peuple à résister à la tyrannie à venir.
Découvrez huit ressources numériques qui explorent cet épisode majeur de l’histoire chilienne : l’héritage des exilés chiliens, le rôle des États-Unis dans un contexte de guerre froide, l’essor du féminisme chilien face à la dictature, ou encore les politiques économiques néolibérales mises en place par Pinochet.
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Publié le 07/09/2023 - CC BY-SA 4.0
Les ressources
Chili : un putsch servi sur un plateau
Le 11 septembre 1973, un coup d’État militaire renverse Salvador Allende au Chili. Si l’administration Nixon invoque le chaos interne, les archives montrent que les États-Unis ont mené une politique d’ingérence pour déstabiliser Allende, sans toutefois prévoir l’instauration durable de la dictature de Pinochet.
Venceremos, Pinocho y las empañadas…
Dans son article « Venceremos, Pinocho y las empañadas… » publié en 2013 dans la revue Hommes & migrations (n° 1305), Fanny Jedlicki explore l’exil chilien en France après le coup d’État de 1973 et son impact sur les enfants de réfugiés politiques. Elle montre comment la mémoire de la dictature de Pinochet se transmet à travers la culture familiale, des symboles (la chanson Venceremos, le surnom Pinocho, les empanadas) et influence l’identité et les trajectoires des générations suivantes, entre attachement au Chili et intégration en France.
Mouvement des femmes et conceptualisation de la violence de genre dans le Chili de Pinochet
Cette contribution d’Anne-Claire Sanz-Gavillon analyse l’influence de la dictature de Pinochet sur l’émergence, au Chili, d’une réflexion féministe sur la dimension politique de la sphère privée. Elle montre comment les mouvements de femmes et féministes ont requalifié la violence conjugale en problème social, contribuant à l’élaboration de politiques publiques de lutte contre la violencia intrafamiliar. L’étude s’appuie sur des entretiens de militantes et sur l’histoire de l’organisation Casa Yela.
Santiago du chili ou le prototype de la ville libérale, entre un état fort et des services collectifs privatisés
Depuis le coup d’État de 1973, Santiago du Chili illustre le modèle de la ville libérale, où l’expansion urbaine se fait avec peu de freins mais à un coût élevé pour les promoteurs et les habitants modestes. Comme le montre son auteure Géraldine Pflieger (2011), le lobby de la construction a exercé une forte pression sur le ministère du Logement pour étendre l’urbanisation et financer les infrastructures, tandis que l’État conserve une fonction de réglementation et de contrôle. Cette ville est devenue une “ville-laboratoire” pour les réformes de privatisation et de libéralisation urbaines, incarnant les transformations socio-économiques instaurées par la dictature de Pinochet
L’exil chilien en France du coup d’état à l’acceptation de l’exil
Le renversement de Salvador Allende le 11 septembre 1973 par une junte militaire constitue une rupture majeure de l’histoire chilienne, marquée par la violence du pronunciamiento et la doctrine de sécurité nationale. La répression entraîne une migration politique et économique massive, notamment vers la France et la Suède. Comme le montre Nicolas Prognon, l’exil représente une violence supplémentaire : recomposition des liens sociaux et familiaux, précarité, déqualification professionnelle et adaptation à de nouvelles formes de socialisation.
Augusto Pinochet dans la caricature de presse française et anglo-saxonne, 1973-2006
Quarante ans après le coup d’État au Chili, Augusto Pinochet demeure une figure majeure des dictateurs du XXᵉ siècle. Son image s’est largement construite à travers les caricatures de presse diffusées en Europe et aux États-Unis, véhiculant clichés et stéréotypes. Selon Manuel Gárate Chateau, ces caricatures (1973-2006) représentent Pinochet de façon hyperbolique, mêlant tyrannie, brutalité et rigidité militaire, et reflètent les sensibilités politiques nationales. La presse internationale a ainsi façonné un imaginaire collectif durable autour du dictateur.
Les disparus de la dictature dans la mémoire collective chilienne : répressions, exhumations et patrimonialisation autour du Patio 29
Jean‑François Macé analyse la mémorialisation des disparus sous la dictature de Pinochet via le Patio 29 au cimetière de Santiago, où les militaires ont occulté les corps et effacé l’identité des victimes. L’article montre l’impact politique et symbolique sur la société chilienne, depuis l’inhumation clandestine, le deuil des familles, jusqu’aux exhumations, identifications et la patrimonialisation du Patio 29 dans le Chili contemporain.
La bataille du Chili, une fresque documentaire de Patrico Guzman (1975)
Chili 1973 : le président socialiste Allende est renversé par un coup d’État militaire sanglant. C’est la fin du rêve d’une société plus juste. Cinquante ans après, « La bataille du Chili » – en 3 épisodes – livre le témoignage de Patricio Guzmàn sur cette époque. Un chef-d’œuvre du cinéma documentaire par ailleurs ; les 3 parties : « l’insurrection de la bourgeoisie », « le coup d’état militaire » et « le pouvoir populaire ».